CHUV, J+19, mardi 31 juillet 07
Chers tous, savez-vous quel est l'équivalent au lit, au niveau des désagréments, du moustique qui vient vous buzzzzzer dans l'oreille pendant la nuit ? La miette de pain ! Oh que si, LA miette de pain... Surtout qu'il vous faut imaginer que depuis 3 semaines maintenant je suis couché sur le dos et n'ai pas le droit (ni la possibilité d'ailleurs) de changer de position. Ce qui implique que mes déjeuners aux Zwieback (pour mes amis non-Suissophones, un zwieback est un Krisprolls, mais plus plat, une sorte de petite tranche de pain séchée), donc je reprends mes déjeuner aux zwieback se déroulent toujours dans une extrême inquiétude qu'en en croquant un, une bonne petite miette s'échappe, saute facilement par-dessus mon épaule et aille se faufiler derrière mon omoplate. C'est qu'elle est sournoise la bête ! Une fois installée, elle se reproduit !Si si ! Elle subdivise en dizaines de petites elle-même qui vont aller à leur tour trouver refuge quelque part entre le drap et mon dos. Aaaah jouissance ! Car je peux vous dire qu'essayer de me contortionner pour tenter de les faire bouger de là est un exercice de haut vol ! Alors, elles gagnent, car je cède.
Du coup, le soir, quand vient le moment de la toilette et qu'on me tourne de côté pour me faire le dos, on me dit avec l'accent québécois: "Ooooh mais tabanac' dzi voir, mais qu'estx que vous zôvez lô ? Vous faitz zune ôllergie à quetschose lô ?! Vous zêtes plin de ptzites tôches rougzes dain l'dos lô !" C'est alors que je peux répondre assurément qu'il ne s'agit que de ces charmantes miettes du matin qui ont gratté toute la journée...
On en arrive à l'autre moment jouissif de la journée, mais un vrai celui-lô, oups celui-là pardon, je prends le plis (du drap !). C'est le moment où on me met de côté pour me frotter le dos... Là, je peux dire "Raaaaaaah loevely !" Moment très appréhendé au départ car lorsque la cicatrice dans le dos était toute fraîche, le simple fait de me déplacer et qui plus est me mettre sur le côté tenait du supplice. Ca tirait un max !
Puis vint le moment, une semaine après, où l'appréhension dudit moment se mêlait au plaisir de me retrouver, au moins une fois par jour dans une autre position que "couché sur le dos 24724, 7/7". Et depuis que mes douleurs dans le dos se sont considérablement amoindries, je me réjouis carréement que les infirmières me transbahutent sur le côté 2 fois 3 minutes par jour. Aaaaaaaah soulagement !
Quant aux news, (ben ouais, faudrait pas perdre de vue l'objectif N°1 de ce blog): Je passe des nuits à faire des rêves de barge !! Non mais alors hallucinants les rêves ! Pas un truc dénué de sens, voire même un super long métrage, j'ai l'impression d'ailleurs de passer mes nuits à rêver. Faudrait d'ailleurs qu'au réveil je les écrive parce que même les décors sont impressionants !
Sinon, le physio vient de passer pour m'annoncer le programme du jour :
vraisemblablement je vais dîner en chaise roulante (non roulante pour l'occase, c'est mieux !) et il va réssayer de me lever cet aprèm.
Y a un dernier point dont je tiens à relater pour l'occase, que j'avais déjà trouvé très comique lors de mon dernier séjour dans la maison pour cause d'explosion apendicitienne, c'est LA Grande Visite du Grand Docteur ! (Tatiiiiiiiiiin, suspens ! frayeur !). Car il faut savoir que tous les matins vous avez la joie de recevoir la visite d'un médecin, qui regarde vos contrôles (temp. pression etc.) et qui donne des ordres, des instructions aux quelques infirmières qui le suivent et disent "oui docteur, bien docteur". Ce médecin là tient déjà le haut du pavé et un rang médical indiscutable !
MAIS !Une fois par semaine il y a ZE grande visite. LE docteur des docteurs, le chef, le grand manitou qui vient faire sa tournée.
Pour imager la scène, rappelez-vous le moment où l'étoile de la mort reçoit la visite de l'empereur... Dark Vador fait pas le mariole, et les chefs chient carrément dnas leur froc, panique à bord. Là c'est pareil
! Où comme le dit Amélie Nothomb, "l'on s'adressera à l'empereur (du Japon cette fois) avec stupeur et tremblements". Les médecins habituels sont tendus et s'adressent à un docteur Blanc (très charismatique faut le reconnaître) avec beaucoup de stress dans la voix, utilisant les termes les plus médicaux possibles. Le docteur, lui, ne les regarde pas, se penche sur les plaies, ne se gêne pas d'interrompre leurs commentaires et donne des ordres militarisés très clairs. Il a le savoir, il a le pouvoir, et il le sait ! Mais tout cela est fort drôle de l'extérieur, bien que je compathie au stress que doivent vivre nos très charmants docteurs quotidiens...
Voilà pour l'heure, je viens de recevoir ma tranche de pain complète, ma serviette, deux phénomènes annonciateurs de l'arrivée du repas. Aujourd'hui, émincé de porc aux épices douces. Hier, un délicieux steack de schwal au café de paris.. Si si ! Yam Yam ! Alors bon appétit à tous et toutes, et peut-être à plus tard, si j'ai survécu à ma longue séance de chaise roulante (faudra déjà survivre au passage lit-chaise, pas évident !) A+
-
31 Juillet 2007 à 12:54 dans
- Général


Hello!
Je suis tes aventures (enfin si on peut dire...) depuis Paris. Tu en as du courage !
J'espère que le dîner fut bon ;-)
Posté par Valérie — 31 Juil 2007, 14:45